Aimer ou ne pas souffrir

Alors, quand je dessine, il m’arrive de pleurer….

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Au fil des années et des personnes côtoyées et dessinées, j’ai pu remarquer qu’il  existait 4 types de personnes. Celles qui aiment, celles qui ont choisi d’aimer, celles qui haïssent et celles qui ont choisi de ne pas souffrir.

Le premier genre, c’est celui qui ne conçoit pas une autre façon de vivre que d’aimer. Il aime et il ne sait pas comment ‘ne pas aimer’, il ne l’a jamais expérimenté. Il mourra ainsi, sans avoir eu à détester quiconque. Généralement, ce sont des gens qui n’ont jamais subi de haine donc, ils ne peuvent pas la transmettre, c’est très rare.

Un autre genre a aimé depuis enfant, il a connu l’amour avec ses parents, sa famille et à un moment de sa vie, a connu une grande déception, une blessure énorme. Il peut s’agir de la mort d’un proche ou d’une séparation brutale… Alors, il a hait sans s’en rendre compte. La porte de son cœur n’a pas eu d’autre choix que de se fermer pour se projeter et cela est devenu un réflexe. Il a ainsi fermé son cœur à toutes les personnes susceptibles de le blesser ou qui ressemblait trop ou juste un peu aux personnes qui l’on blessé jadis.

Pour ce genre, il y a deux issues :

  1. Au fil du temps, la personne se rend compte que c’est pénible de vivre comme ça et que haïr lui fait du mal à elle plus qu’aux autres. Alors elle prie pour changer, pour que son cœur s’ouvre à tout le monde, même à ceux qui lui font du mal. Elle veut aimer sans condition.

Cette personne a décidé d’aimer. Elle a fait le choix d’aimer connaissant les enjeux.

2. Avec le temps, les problèmes, d’autres déceptions, le cœur de cette personne s’endurci de plus en plus jusqu’à ce qu’elle ne se souvienne plus de ce que c’est qu’aimer. Elle se retrouve avec une pierre à la place du cœur.  « C’est bien plus simple pour survivre dans ce monde, de ne rien ressentir que d’être faible. Plus question de me laisser marcher dessus. », se dit-elle.

Le choix de cette personne la met dans la catégorie de ceux qui ont décidé de ne pas souffrir.

Il existe des personnes qui n’ont jamais été aimées, qui ne savent pas ce que c’est. Qui depuis la naissance n’ont jamais connu d’affection désintéressée, ni aucune autre forme d’affection d’ailleurs. Et puisqu’on ne donne que ce qu’on a reçu, elles ne peuvent pas aimer, alors, elles haïssent les personnes qui les entourent ou pire encore, elle les ignore. La plupart du temps, elles témoignent de la haine à ceux qui lui témoignent de l’amour, soit pour que ces personnes cessent de l’embêter avec cet amour, soit parce que tout simplement elle n’arrive pas à exprimer autre chose que la haine.

On pourrait croire que l’ignorance est la meilleure option pour cette personne. Mais au contraire, c’est la pire. Car il est important pour l’homme d’interagir avec autrui, il est vital pour l’homme d’aimer.  Mais est-ce qu’on doit en vouloir à ce type de personne pour cela ? non je ne pense pas. On doit prier pour ces personnes. Faire du mal, c’est la seul façon pour elles d’interagir avec autrui. Dans leur conception, il n’existe pas d’autre moyen d’exprimer ce qu’elles ont à l’intérieur d’elles.

Une personne du dernier genre ne se rend généralement pas compte de sa haine, pour elle tout est normal. En tout cas, pas au départ. Cela peut changer si elle rencontre soit une personne du premier genre (qui ne sait rien faire d’autre à part aimer), soit du deuxième genre (qui a connu la haine et qui sait comment elle peut consumer celui qui la ressent). Et à travers ces personnes, Dieu.

Je veux nous inviter à nous demander qui nous sommes, dans quelle catégorie nous situons nous aujourd’hui. Car en fonction de notre rapport avec l’amour, nous avons une façon spéciale d’agir. Et l’amour que nous avons en nous donne plus ou moins de la saveur à nos actions.

Quand nous agissons avec amour, beaucoup d’amour, ceux ou celles pour qui nous posons ces actions reçoivent de l’amour en abondance. Et cela change la vie d’autrui.

Vous avez déjà entendu le dicton qui dit : « en amour, les actes comptent plus que les mots » c’est parce que dans notre volonté de faire les choses par amour, nous faisons jaillir hors de nous cet amour et l’autre le reçois même si nous avons quelques maladresses.

Personnellement, je suis quelqu’un de très sensible. Et je suis du coup, très sensibles aux personnes sensibles qui ne se cachent pas, qui s’expriment. Non pas que par des mots, mais aussi et surtout par leurs actions qui en disent d’ailleurs bien long sur ce qui se passe à l’intérieur d’elles. Alors, quand je dessine, il m’arrive de pleurer.

Parce qu’il se dégage du regard des personnes que je dessine, trop de vérités parfois très douloureuses. Mais ces choses, je les ressens parce que je mets beaucoup d’amour dans travail. J’aurais pu dire : « non, c’est trop dur, je ne peux pas continuer, je choisis de fermer mon cœur et de juste reporter ce que je vois sans aimer ces gens que je dessine, d’ailleurs, je ne leur droit rien. Je les dessine et c’est tout » Mais non, j’ai choisi d’aimer. La vérité c’est que je ne peux rien voir de ces gens si je n’apprends pas à les aimer en les regardant. Mes yeux ne s’ouvrent aux traits de leurs visages que si je les aime. A ces moments-là, ils me racontent leur histoire et je peux la transcrire à travers les traits de leurs visages. L’amour, c’est Dieu et c’est Lui l’élément déclencheur de toutes les expressions et formulations de la vérité.

Aimer me permet d’être moi-même. De ne pas avoir honte de qui je suis et de ce que j’ai, car c’est ma seule vérité, je n’en ai pas d’autre. Aimer me permet de voir les gens tels qu’ils sont vraiment. De comprendre que si quelqu’un ne m’aime pas, ce n’est pas de ma faute ni même de la sienne. C’est juste qu’il n’a pas encore rencontré cet Amour qui fracasse le mur de la haine construite au fond de lui à travers les souffrances qu’il a vécu. Aimer me permet de ne pas juger trop vite. De laisser aux gens le bénéfice du doute. Aimer m’aide à me rapprocher de mon créateur, de mon père du ciel. En aimant, je l’imite comme une petite fille imite les gestes de sa maman tant elle l’admire.

J’ai choisi d’aimer, après des déceptions et des douleurs, j’ai désiré aimer malgré les déceptions et les douleurs. Plus j’étais blessée, plus j’ai voulu aimé car j’ai réalisé que seul l’amour pouvait me guérir.

L’amour de Dieu se ressent très fort, mais il ne se vit que si on y adhère. Il ne se vit que si on accepte de le diffuser en nous et de le donner aux autres. C’est là le principe même de l’amour.

Et toi, comment diffuses-tu l’amour inestimable que tu reçois de ton créateur ? Acceptes-tu de le partager ? Est-ce que tu en imprègnes toutes tes activités, tes actions et tes mots… ?

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